« Monsieur le Premier ministre, il faut conforter le solaire territorial »
Cette tribune signée par des dizaines d’élus de régions, départements, intercommunalités, communes et syndicats d’énergie ainsi que par des élus parlementaires appelle le Premier ministre a revenir sur deux projets de textes réglementaires qui menacent le développement des projets d’installations solaires de puissance modeste sur toitures et ombrières.
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Nous, élues et élus locaux, engagés pour accélérer la transition énergétique dans nos territoires, souhaitons rappeler au Premier ministre qu’il est essentiel de conforter le solaire territorial. Il doit rester un puissant levier local de la stratégie nationale d’électrification, de souveraineté énergétique et de transition écologique.
Le « solaire territorial », ce sont des installations solaires de puissance modeste (quelques kW à quelques centaines de kW) sur toitures et ombrières, qui produisent localement une électricité décarbonée, en créant de l’emploi partout en France (près de 80 000 emplois directs et indirects dont une grande part dans le « petit » solaire, inférieur à 500 kW). Elles sont appréciées de la population. Et par l’adhésion qu’elles suscitent, entraînent le mouvement de transition énergétique et favorisent le basculement des usages vers l’électricité. Elles permettent à l’échelle des territoires, de se réapproprier une production d’énergie à la fois propre et compétitive, en déployant ses installations à proximité de la consommation.
L’essor du solaire territorial est aujourd’hui remis en cause, par une réforme engagée sans concertation avec les parties prenantes (entreprises, organisations professionnelles, collectivités, syndicats d’énergie). Dont les conséquences seraient désastreuses tant au niveau social pour la filière, qu’au regard des dynamiques locales de transition. Elle pourrait en outre, remettre en cause les projets de giga-usines photovoltaïques, dont nous soutenons la création en France.
Elues et élus locaux, porteurs dans nos territoires des politiques locales de transition qui doivent être amplifiées et accélérées pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, nous devons pouvoir compter sur un modèle vertueux. Alors qu’il est prévu de restreindre le soutien public aux petites installations solaires dans des modalités qui restent à discuter, fragiliser en même temps l’autoconsommation collective serait le coup de grâce. Nous attendons de l’État une simplification administrative afin de pouvoir poursuivre le développement de la valorisation en circuit-court de l’électricité, et non un décret rigidifiant les règles jusqu’à étrangler le modèle.
Aussi, nous appelons à la concertation pour réformer le dispositif de soutien au photovoltaïque. Il y a un chemin possible pour optimiser l’investissement public en faveur du solaire en France, sans mettre à bas une filière stratégique. Alors que Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot viennent de vous remettre un rapport avec des propositions visant à optimiser le soutien public aux énergies renouvelables et au stockage d’électricité, prenons le temps d’échanger sur leur mise en œuvre. Nos territoires ont besoin de visibilité, tout comme les entreprises, avec une stabilité du cadre réglementaire. >>
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