Permettez-nous d’abord de saluer le travail quotidien des commerçantes et des commerçants de Saint-Étienne.
Leur engagement, leur résilience et leur créativité sont des piliers de la vie économique et sociale de notre ville. Ils animent nos quartiers. Ils créent du lien. Souvent, ils maintiennent une offre de proximité indispensable aux stéphanoises et stéphanois. Merci à elles et à eux.
A ce titre, avec les fermetures récentes, nous soulignons que les commerçants locaux partent moins vite de nos villes et de nos quartiers que les grandes enseignes.
Saint-Étienne, comme tant d’autres villes françaises, subit les conséquences de 40 à 50 ans de politiques de déménagement du territoire qui ont favorisé l’étalement urbain et le déménagement des commerces en périphérie. Ce modèle était très consommateur d’espaces naturels et agricoles, d’énergie. Il a aussi un coût pour celles et ceux qui ont été poussés à vivre loin du centre : temps de transport, budget essence, isolement…
Par exemple, en périphérie, les ménages ont cru s’endetter à 33 % de leurs revenus pour acheter leur logement. Malheureusement personne ne les a prévenu que leur budget énergie allait augmenter et couter aussi un tiers de leur revenu. Aujourd’hui où les produits pétroliers augmentent ils se retrouvent en grande difficulté. A nous de rééquilibrer tout le territoire.
Pourtant, des villes ont agi différemment, toutes n’ont pas le même steel que nous.
À Copenhague, par exemple, la municipalité a limité la construction de grands centres commerciaux en périphérie et misé sur la revitalisation des quartiers centraux, avec des rues piétonnes, des places animées et des commerces de proximité. Résultat : le centre-ville est aujourd’hui l’un des plus dynamiques d’Europe, avec une fréquentation en hausse constante.
En Angleterre les centres périphériques sont beaucoup moins couverts de grands publicités tapageuses qui abiment nos paysages.
Les Stéphanois aiment marcher, faire leurs courses en ville, utiliser leur tram. Nous allons leur donner les moyens de l’aimer encore plus ! Cela passera par un partage des mobilités ambitieux, qui favorise le partage de la voirie et des mobilités douces.
Il nous faut aussi revoir le stationnement gratuit du week end qui attire les voitures ventouses.
Par exemple, à Gand, en Belgique, la ville a transformé son centre en une vaste zone de circulation apaisée, avec des rues réservées aux piétons, aux vélos et aux transports en commun. Les commerçants y ont vu leur chiffre d’affaires augmenter, car les clients viennent plus facilement et restent plus longtemps.
Quand on pense commerce, on visualise tout de suite les rez de chaussée de notre centre ville et de tous nos quartiers. Imaginons aussi des rez-de-chaussée actifs, des commerces et des services qui apportent de la vie et de la diversité dans tous les quartiers : parkings à vélos sécurisés, toilettes publiques, espaces de livraison mutualisés, points de tri…
À Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, le « quartiers vauban » intègrent ces services dans chaque immeuble, ce qui rend la vie quotidienne plus simple et plus durable.
Les rez-de-chaussée stéphanois peuvent aussi accueillir des associations, des artisans, des lieux de services à la population. Ces forces vives sont essentielles pour une ville inclusive et dynamique.
À Lyon, le projet « Vitrines Solidaires » a permis à des associations de s’installer dans des locaux vacants, offrant ainsi des services de proximité tout en redynamisant les rues.
Notre centre-ville doit être un lieu de fraîcheur, de verdure, d’eau, un espace où l’on a envie de flâner, de consommer, de se rencontrer. Le plan façade était une première étape, mais il faut aller plus loin : végétalisation, îlots de fraîcheur, espaces publics repensés…
À Barcelone, les « super-îlots » ont permis de réduire la place de la voiture, de créer des espaces verts et de favoriser les rencontres entre habitants. Résultat : la qualité de l’air s’est améliorée, et les commerces de proximité ont bénéficié d’une clientèle plus nombreuse et plus fidèle.
Et pourquoi ne pas imaginer un encouragement à l’utilisation de la monnaie locale, le Lien, pour encourager la consommation locale de proximité et soutenir nos commerces indépendants ?
À Bristol, au Royaume-Uni, la monnaie locale a permis de maintenir plus de 800 emplois dans les petits commerces et de renforcer la résilience économique de la ville.
C’est le cas aussi sur le campus de l’Université de Philadelphie.
Le commerce n’est pas qu’une question économique, c’est une question de société, d’écologie, de qualité de vie. Nous avons tous à y gagner : stéphanoise, stéphanois commerçants, associations, collectivités.
Travaillons ensemble pour faire de Saint-Étienne une ville où l’on a envie de vivre, de consommer, de se rencontrer.
Une ville où le commerce est un levier de transition écologique et sociale.
Olivier Longeon, Conseiller Municipal Délégué de St Etienne
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