Projet d’arrêté ministériel ré-autorisant certaines substances phyto-pharmaceutiques // Lettre ouverte au Ministre // 17 janvier 2021

Monsieur le Ministre

Je vous fais part de mon opposition à l’égard de la ré-autorisation des insecticides contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam produites par les multinationales Bayer et Syngenta.

Aux vues de la réglementation européenne, cette ré-autorisation ne peut qu’être dérogatoire, strictement limitée dans le temps et dans l’espace et justifiée par une menace réelle et dûment vérifiée.

Or, l’avis de l’ANSES n°202°-SA-0124, trop riche d’imprécisions, ne peut que remettre en cause la volonté du gouvernement de ré-autoriser, nationalement, ces insecticides « tueurs d’abeilles ». En page 9 de l’avis, les experts de l’agence écrivent « l’évaluation des risques n’a pas pu être finalisée pour le thiamethoxam ». Plus loin, « pour les larves, la valeur de toxicité utilisée est provisoire ». Encore plus loin, « les études en champ avec mesures de résidus dans des cultures suivantes n’ayant pas été considérées suffisamment robustes par l’agence européenne, une évaluation n’a pas pu être réalisée ». Ou encore et encore « Aucune étude en champ évaluant les effets à court, moyen et longs termes sur les abeilles solitaires n’est disponible […] Il n’est pas possible d’exclure un risque pour les abeilles, les bourdons, et les abeilles solitaires ».

Les études se multiplient mettant en évidence un effondrement massif et soudain des populations d’insectes.

Alors même que l’autorisation de mise sur le marché a été accordée pour ces deux molécules voilà plus de 10 ans, il est pour le moins scandaleux que l’agence française d’évaluation en soit encore à reconnaître qu’elle ne sait rien ou presque quant aux effets écosystémiques.

Ce que l’on sait par contre, c’est que la menace, largement amplifiée par la filière betteravière pour obtenir la réautorisation des insecticides néonicotinoïdes, n’est nullement avérée pour la saison 2021. Une réautorisation unilatérale de ces deux molécules, sans tenir compte de la pression réelle des pucerons, contreviendrait, à coup sur à l’article 53 du règlement (CE) européen n°1107/2009.

Par cette contribution, je vous demande de bien vouloir mener à bien de nouvelles évaluations permettant d’objectiver la réalité de la « menace » vis-à-vis de la jaunisse du puceron.
Dans l’attente, je vous rappelle formellement mon opposition déterminée à la réautorisation des insecticides néonicotinoïdes et vous prie d’agréer l’expression de lma considération.

Olivier Longeon, Conseiller Municipal et Métropolitain de Saint-Étienne

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