Schéma Directeur d’Aménagement des Eaux Loire et Rhône // Intervention d’Olivier Longeon au Conseil Régional Rhône-Alpes // 7 mai 2015

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Nous votons aujourd’hui les 2 SDAGE qui concernent nos régions et notre future région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ces Schémas Directeurs d’Aménagement Générale des Eaux, ont été introduit comme outil de planification de la gestion des bassins au sens de la loi de 1992.
Notons au passage que cette loi fondamentale arrivait 100 ans après la déclaration de Georges Clémenceau faites en 1896 : « La race humaine s’étend et gagne, stérilisant le sol de ses pierres pour la maison, l’usine ou le temple, faisant reculer la moisson et compensant la perte par une machination supérieure de sa planète. Jusqu’où sommes nous capables de pousser l’aventure ? (…) Est il vrai que notre labeur de progrès aboutisse surtout à dépoétiser notre Terre ? Je le crains. » .100 ans pour de telles prises de consciences deviennent réalité. Georges Clémenceau, ce n’était pas un amish mais un député de gauche.

Leurs édifications sont des moments clefs pour nos bassins fluviaux, leurs dépollutions, leurs aménagements et leur avenir. Ils sont le fruit des travaux pluridisciplinaires conduits par des laboratoires très différents prouvant que les rivières n’étaient pas qu’un débit d’eau mais aussi des poissons, des oiseaux, une flore associée et même une géologie. Ils sont le fruit du travail des associations de bénévoles passionnés par la qualité de nos rivières.

Ainsi, aujourd’hui, nous choisissons plusieurs orientations fondamentales pour l’avenir des 2 bassins : 8 pour Rhône-Méditerranée et 14 pour Loire-Bretagne.

Comme d’autres ici, nous souhaitons d’abord souligner le travail très important de diagnostic et d’évaluation qui a été réalisé.
Malheureusement nous ne pouvons que regretter la difficile atteinte toute relative des objectifs notamment vis-à-vis de la Directive Européenne Cadre sur l’Eau. Certes au gré de l’application de ses outils de planification de l’eau, nous saluons une amélioration de l’état physique et physico-chimique de l’eau. Il est sans aucun doute beaucoup plus difficile d’améliorer le bon état biologique et fonctionnel des écosystèmes.

Le fil conducteur de tous ces schémas, et y compris celui relatif au milieu marin, est une eau de qualité, en lien avec les enjeux sanitaires, environnementaux et agricoles. La nécessaire solidarité amont/aval est bien prise en compte dans ces documents, notamment les liens entre le continent et la mer. Lien continent-mer qui mérite un meilleur respect et l’on ne devrait pas projeter des aménagements comme « abyssea » qui menace la zone de reproduction des cétacés au large du parc national de Port Cros.

La prise en compte des trames vertes et bleues est réelle et c’est un fait plutôt nouveau, ainsi, il est prévu de restaurer les lônes, les ripisylves, les espaces côtiers, les zones humides, …

Saluons la mise en place d’un plan d’actions, relatif aux enjeux de Santé-Environnement, pour réduire les pollutions diffuses.
Toutefois, les pollutions sédimentaires sont toujours étudiées sous l’angle des concentrations alors qu’une vision des flux serait beaucoup plus efficace pour appréhender ces pollutions persistantes. On le comprend mieux chaque année au printemps quand les lacs alpins comme celui de Paladru connaissent des blooms de développement d’algues alors que leur épuration des eaux est quasi totale.

La prise en compte du dérèglement climatique, ainsi qu’une politique affirmée d’économies d’eau sont présentes dans ces documents. Le réchauffement climatique est en corrélation avec une augmentation importante des précipitations qui entraîne une augmentation importante de l’érosion dans nos rivières. Les récents éboulements et autres affouillements de voies ferrées dont nos régions ont été victimes sont là pour nous le rappeler.

Saluons la création des zones prioritaires de protection de la ressource en eau, exemptes de forages profonds, notamment pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Cette volonté vient en appui de celle du Conseil Régional Rhône-Alpes de faire de notre région un territoire exempt de ce type de projet. La nécessité de renforcer la protection de la ressource en eau est fondamentale on l’a vu notamment dans les Chambarans.

Il reste que sur plusieurs points nous aurions voulu du Mieux.

Nous regrettons une véritable application du principe pollueur-payeur, notamment concernant l’impact de l’agriculture sur la qualité de l’eau. Ceci est d’autant plus vrai pour le Bassin Loire-Bretagne, considérablement affecté par la pollution par les nitrates conduisant à la prolifération des algues.
Ce sont les consommateurs qui se retrouvent à payer le plus, et notamment des dégâts dont ils ne sont pas à l’origine, mais bel et bien les victimes.
Les pesticides restent le premier facteur déclassant de l’état des milieux ; il est donc primordial d’accompagner la mutation des pratiques agricoles.

Nous regrettons l’absence d’une politique ambitieuse d’éducation à l’environnement et au développement durable. Celle-ci aboutira aux changements de comportement durable, que cela soit à titre individuel ou collectif.

Nous regrettons les difficultés de mise en œuvre de la GEMAPI par les communes, et la nécessité de l’Etat de les accompagner.

Nous regrettons que la gouvernance de l’eau n’ai pas été revue en développant plus l’implication citoyenne.

Nous regrettons que la question des transferts d’eau de bassin à bassin ne comporte pas un ambitieux projet de réduction.

Enfin et pour conclure, vous me permettrez de regretter que malgré la qualité de ces documents, il arrive trop fréquemment que sous la pression de collectivités locales, les objectifs de qualité de nos rivières ne soient pas toujours respectés. Aux confins de la Loire et de la Haute-Loire, le barrage des Plats vient ainsi d’être remis en eau, alors que chacun sait que sa présence nuit à la bonne qualité biologique de la rivière. Cet aménagement ayant été réalisé par une commune de St Etienne Métropole pour avoir une meilleure ressource en eau, alors que l’agglomération est largement excédentaire en eau potable.

Olivier Longeon, Conseiller régional Europe Ecologie Les Verts

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